INITIATION ANCIENNE ET INITIATION MODERNE

suivi de

PRINCIPES ROSICRUCIENS SUR L'ÉDUCATION DES ENFANTS

par

Max Heindel

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PRÉFACE

  Les pages de ce livre contiennent quelques-uns des plus précieux joyaux ayant trait aux aspects les plus profonds de la religion chrétienne. Elles sont le résultat des recherches sur le plan spirituel, du grand voyant inspiré que fut Max Heindel porte-parole autorisé des Frères Aînés de la Rose-Croix, lesquels se sont donné pour tâche de diffuser dans les pays occidentaux les enseignements spirituels qui sont à la fois cachés et dévoilés par le christianisme.

  Le plan général de l'initiation de notre humanité est indiqué dans les divers faits importants de la vie de notre Seigneur Jésus-Christ. Dans son oeuvre, Max Heindel souligne, avec profondeur et un mysticisme élevé, tout le processus alchimique qui doit s'accomplir dans le corps humain, car "nous ne sommes que de peu inférieurs aux anges" (Hébreux 2:7) et "ce que nous serons n'a pas encore été manifesté" (I Jean 3:2).

  Cet ouvrage viendra avantageusement compléter la bibliothèque de maints membres du clergé et organisations religieuses, partout dans le monde; il inspirera tous ceux qui oeuvrent au nom du Christ et leur apportera un renouveau d'encouragement.

  Durant cette période décisive de l'évolution spirituelle des hommes et des nations, l'Ecole Rosicrucienne possède comme héritage d'un prix inestimable, le privilège de diffuser la doctrine ésotérique de l'Eglise Chrétienne. "A celui qui a beaucoup reçu, il sera beaucoup demandé." C'est donc avec le plus grand respect et dans un profond sentiment d'humilité que nous dédions au service de l'humanité les enseignements précieux contenus dans cette oeuvre, en souhaitant que sa Vérité puisse éclairer, sa Sagesse guider et son Amour englober tous ceux qui aspirent à s'abreuver à sa source de Vie. Notre voeu est que chacun puisse y trouver le chemin de l'illumination qui y est esquissé.

  "Le Royaume des Cieux est semblable à un marchand qui cherche de belles perles. Et qui, en ayant trouvé une de grand prix, va vendre tout ce qu'il a et l'achète." (Matthieu 13:45-46). Augusta Foss Heindel

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TABLE DES MATIERES

PREMIERE PARTIE - LE TABERNACLE DANS LE DÉSERT


Le Temple Atlantéen des Mystères......................................13
 

L'Autel et la Cuve d'airain...........................................19
 

La Chambre-est du Temple..............................................29
 

L'Arche d'Alliance....................................................37
 

La Nuée du Sanctuaire.................................................45
 

La Nouvelle Lune et l'Initiation......................................55
 

 

DEUXIEME PARTIE - L'INITIATION MYSTIQUE CHRÉTIENNE


L'Annonciation et l'Immaculée Conception..............................65
 

Le rite mystique du Baptême...........................................77
 

La Tentation..........................................................85
 

La Transfiguration....................................................91
 

La Cène et le Lavement des pieds.....................................101
 

Gethsémané, le Jardin de l'affliction................................107
 

Les Stigmates et la Crucifixion......................................111
 

 

ILLUSTRATIONS


Le Tabernacle dans le désert.................................Frontispice
 

La Cuve d'airain......................................................23
 

Le Lieu Saint et le Saint des Saints..................................33
 

Le Tabernacle, l'ombre des grandes choses à venir.....................49
 

Le Sentier du Coeur...................................................57
 

Les neuf degrés de l'Initiation mystique chrétienne...................67
 

La Transfiguration....................................................95
 

 

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PREMIÈRE PARTIE - LE TABERNACLE DANS LE DÉSERT

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Illustration:
Le Tabernacle dans le Désert - Le Temple Ancien des Mystères Atlantéens

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CHAPITRE 1 - LE TEMPLE ATLANTÉEN DES MYSTERES

  Depuis que les hommes, fils prodigues de notre Père Céleste, errent dans le désert du monde, faisant l'expérience de l'inanité des plaisirs qui assoiffent l'âme comme les gousses de la parabole affameraient le corps, une voix intérieure se fait toujours entendre à leur coeur, les incitant à revenir vers Lui. Mais la plupart d'entre eux sont tellement absorbés par des intérêts matériels qu'ils ne l'entendent pas. Le Maçon mystique qui a entendu cette voix intime se sent poussé à chercher le Mot perdu, à construire une maison de Dieu, un temple de l'esprit, où il puisse rencontrer Dieu face à face et répondre à son appel ( 2 Corinthiens 6:16).

  Du reste, dans cette recherche, il n'est pas réduit à ses propres ressources, car notre Père Céleste a, lui-même, préparé un chemin jalonné qui, si nous voulons bien le suivre, nous mènera vers lui. Mais comme nous avons oublié le Mot divin et que nous serions incapables d'en comprendre la signification, Dieu nous parle en un langage symbolique qui, à la fois, nous cache et nous dévoile les vérités spirituelles que nous devons comprendre avant de pouvoir arriver à lui. De même que nous donnons aux

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  enfants des livres d'images qui font concevoir à leur esprit en développement une compréhension intellectuelle qu'ils ne pourraient saisir autrement, ainsi chaque symbole donné par Dieu renferme une profonde signification qui ne pourrait être apprise autrement.

  Dieu est Esprit, et il doit être adoré en esprit. Il est donc strictement défendu de faire de lui une image matérielle, car aucune représentation humaine ne saurait en donner une juste idée. Mais de même que nous saluons le drapeau de notre pays avec joie et enthousiasme parce qu'il éveille en nos coeurs les sentiments les plus tendres relatifs à notre foyer et à ceux qui nous sont chers, qu'il stimule nos plus nobles aspirations, qu'il est le symbole de ce que nous avons de plus précieux, de même, les différents symboles divins qui ont été donnés de temps à autre à l'humanité, parlent à cet instinct de la vérité qui est en nos coeurs et éveillent en notre conscience des idées divines absolument inexprimables. C'est pourquoi le symbolisme, qui a joué un rôle si important dans notre évolution passée, est encore une nécessité première dans notre développement spirituel; de là l'utilité de l'étudier, à la fois avec notre intelligence et avec notre coeur.

  Il est évident que notre attitude mentale d'aujourd'hui résulte de la manière dont nous avons pensé hier; que les conditions et les circonstances de notre vie présente dépendent de la façon dont nous avons accompli ou négligé nos devoirs dans le passé. De même que nous considérons à la lumière de nos expériences précédentes toute pensée, toute idée nouvelle, en nous rendant compte que le présent et l'avenir sont déterminés par la vie que nous avons menée antérieurement, ainsi le sentier que nous nous sommes tracé par nos efforts spirituels, nos luttes dans nos existences passées, détermine à la fois notre attitude présente et la voie à suivre pour réaliser nos aspirations. A moins de nous être familiarisés avec le passé, nous ne pouvons donc pas avoir une véritable perspective de notre développement ultérieur.

  Consciente de ce fait, la Franc-Maçonnerie moderne fait remonter son origine au Temple de Salomon. Ceci, déjà, est fort bien, mais afin d'avoir une perspective plus complète,

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  il nous faut prendre en considération l'ancien Temple atlantéen des Mystères, le Tabernacle dans le désert. Nous devons comprendre toute l'importance de ce Tabernacle, saisir la différence essentielle entre le premier et le second des Temples, ceux-ci ayant chacun une signification cosmique particulière avec, ici ou là, des allusions laissant entendre une future Croix arrosée de Sang , lequel s'est changé en Roses .

Le Tabernacle dans le Désert

  Nous lisons dans la Bible que Noé et une partie de son peuple ont été sauvés du déluge (Genèse 6:8 & suiv.) et ont formé le noyau de l'humanité de l'Age de l'Arc-en-Ciel, le nôtre. Plus loin, nous apprenons que Moïse a fait sortir son peuple d'Egypte (Exode 12:37 & suiv.), pays où l'on adorait le Taureau. Ce groupe ethnique a été sauvé en passant à travers les eaux qui ont englouti ses ennemis (Exode 14), et il est devenu le "peuple élu" adorant l'Agneau, correspondant au signe du Bélier dans lequel entrait le point vernal du Soleil. Ces deux récits se rapportent au même fait, à savoir l'arrivée de l'humanité primitive venue du continent condamné de l'Atlantide dans le nouvel Age des cycles alternatifs où se succèdent l'été et l'hiver, le jour et la nuit, le flux et le reflux. Comme les hommes venaient d'être dotés d'un intellect, ils ont commencé à se rendre compte de la perte de la vue spirituelle qu'ils avaient possédée jusque-là, et une aspiration ardente vers Dieu et leurs guides divins est née dans leur âme. Cette aspiration subsiste encore aujourd'hui, car l'humanité n'a jamais cessé de déplorer la perte qu'elle avait faite. C'est la raison pour laquelle l'ancien Temple atlantéen des Mystères, le Tabernacle dans le désert, a été donné aux hommes afin qu'ils puissent y trouver le Seigneur après avoir développé les qualités requises par une vie de service et la soumission de la nature inférieure au Moi supérieur.

  Conçu par Jéhovah, le Temple atlantéen des Mystères était l'expression de grandes vérités cosmiques cachées sous le voile du symbolisme qui parle au Moi supérieur. (Exode 25, 26, 27).

  Il convient de signaler, tout d'abord, que ce Tabernacle, divinement conçu, était donné à un "peuple élu" qui

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  devait le construire sur la base d'offrandes volontaires, faites de l'abondance du coeur. En ceci, il y a un enseignement tout particulier, car le divin sentier du progrès n'est jamais indiqué à une personne avant qu'elle ne se soit vouée à Dieu et ne se trouve ainsi prête à offrir le sang de son coeur dans une vie de service désintéressé.

  Le terme "Franc-Maçon" est dérivé de l'égyptien phree messen , signifiant "Enfants de la Lumière" (Jean 12:36 et 1 Thessaloniciens 5:5). En langage maçonnique, Dieu est désigné comme le Grand Architecte (de arkhé , substance primordiale, et tektôn , constructeur). Il est dit que le père de Jésus, Joseph, était charpentier , mais le mot propre est tektôn , c'est-à-dire constructeur. Jésus lui-même est aussi appelé tektôn. Ainsi, tout véritable Franc-Maçon mystique est un enfant de la lumière, un constructeur, ou tektôn , s'efforçant de bâtir le temple mystique selon le modèle divin donné par notre Père Céleste. A cette fin, il se consacre, coeur, âme et esprit; son aspiration est, devrait être, de devenir "le plus grand dans le Royaume de Dieu"; par conséquent, il doit se faire le serviteur de tous .

  Un autre point qui attire notre attention est la position qu'occupait le Tabernacle par rapport aux points cardinaux: nous trouvons que sa direction était d'est en ouest, et ceci nous montre que la route du progrès spirituel est la même que celle des civilisations, qui avancent de l'est à l'ouest.

  L'aspirant entrait dans l'enceinte par le portail de l'est et poursuivait sa route en passant par l'Autel des Holocaustes, la Cuve d'airain et le Lieu saint jusqu'à l'extrême-ouest de Tabernacle, le Saint des Saints, où était placée l'Arche, le plus grand de tous les symboles.

  Tout comme les Mages ont suivi l'étoile du Christ vers l'ouest jusqu'à Bethléem, ainsi le centre spirituel du monde civilisé avance de plus en plus vers l'ouest, de sorte que la vague spirituelle partie de Chine, des rives occidentales de l'Océan Pacifique, en a atteint aujourd'hui les rives orientales où elle rassemble ses forces pour franchir l'immense océan et recommencer, dans un avenir encore éloigné, un nouveau voyage cyclique autour de notre globe.

  La nature ambulatoire du Tabernacle dans le désert est

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  donc une excellente représentation symbolique du fait que l'homme, pèlerin éternel, est nomade par nature, et passe des rivages du temps à l'éternité, et vice-versa. Comme une planète tourne autour de son soleil, l'homme, petit monde ou microcosme, décrit une marche circulaire autour de Dieu, qui est l'origine et le but final.

  Le grand soin apporté dans les détails de l'aménagement du Tabernacle montre que quelque chose de bien plus élevé que ce qui frappe les sens était recherché dans sa construction. Sous l'apparence terrestre et matérielle était indiquée une représentation de choses célestes et spirituelles, pleines d'enseignements pour le candidat à l'initiation. Cette considération ne devrait-elle pas nous inciter à acquérir une connaissance intime et familière de cet ancien sanctuaire? Il convient donc que nous en examinions avec soin chaque partie avec une respectueuse attention, nous rappelant leur origine céleste et nous efforçant humblement de pénétrer, à travers les ombres de sa signification terrestre, les sublimes et glorieuses réalités proposées, selon la sagesse de l'esprit jusqu'à une solennelle contemplation.

  Pour nous faire une représentation exacte de ce lieu sacré, nous devons considérer le Tabernacle lui-même, son mobilier et son parvis. L'illustration "Chambre Est (Lieu Saint) et Chambre Ouest (Saint des Saints)" aidera le lecteur à se faire une idée plus nette de l'aménagement intérieur.

Le Parvis du Tabernacle

  L'enceinte qui entourait le terrain où s'élevait le Tabernacle marquait les limites du Parvis; sa longueur mesurait deux fois sa largeur; le portail en était situé à l'est et comportait un voile de tissu en fil de lin retors bleu, écarlate et violet qui nous indique la nature de ce sanctuaire. Dans le sublime Evangile de Jean, il est dit que "Dieu est Lumière", et nul commentaire ni description ne pourrait nous en offrir une meilleure et plus lumineuse définition. En effet, si nous considérons que même les plus puissants de nos télescopes sont incapables d'atteindre la limite de la lumière, bien qu'ils puissent scruter l'espace

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  sur des millions et des millions de kilomètres, cela peut nous donner une faible idée générale de l'infinité de Dieu.

  Nous savons que cette lumière, qui est Dieu, est réfractée par l'atmosphère entourant notre globe, en trois couleurs fondamentales: bleu, jaune et rouge. Le fait que la radiation du Père est bleue, celle du Fils jaune et celle du Saint-Esprit rouge est bien connu de tous les occultistes. Seule la radiation la plus forte et la plus spirituelle peut pénétrer jusqu'au siège de la conscience de la vague de vie manifestée dans notre règne minéral, et c'est pourquoi nous voyons, à l'entour des chaînes de montagnes, la radiation bleue du Père, réfléchie par les pentes, et suspendues comme une vapeur au-dessus des gorges et des ravins. La radiation jaune du Fils, mêlée au bleu du Père, donne la vie et la vitalité au monde végétal qui, en conséquence, réfléchit la couleur verte, car il est incapable de garder intérieurement cette radiation. Mais dans le règne animal, auquel l'homme non régénéré appartient anatomiquement, les trois rayons sont absorbés, et celui du Saint-Esprit donne la couleur rouge à sa chair et à son sang. Le mélange du bleu et du rouge produit, de toute évidence, le sang violet corrompu par le péché. Quant à la couleur jaune, il n'en est trouvé trace que lorsqu'elle se manifeste en tant que corps de l'âme, la "robe nuptiale d'or" du mariage mystique du Christ, développé de l'intérieur.

  Les voiles du Temple, ceux du portail, ainsi que ceux de l'entrée du Tabernacle, démontrent clairement que cette figuration convient à une période antérieure au Christ, car seules les couleurs bleue et rouge (le Père et le Saint-Esprit) et leur mélange, le violet, sont utilisés. Toutefois, le blanc étant la synthèse de toutes les couleurs, le rayon jaune du Christ était caché dans cette partie du voile jusqu'au temps où le Christ devait paraître pour nous libérer de la Loi qui nous lie et nous initier à la pleine liberté des Fils de Dieu, Fils de Lumière, Enfants de Lumière, (1 Thessaloniciens 5:5), "phree Messen" ou Maçons mystiques.

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CHAPITRE 2 - L'AUTEL ET LA CUVE D'AIRAIN

  L'Autel d'airain était placé à l'intérieur du Parvis, tout près du portail oriental; il servait au sacrifice des animaux pendant le service du Temple. L'idée de faire des sacrifices de boeufs ou de boucs semble barbare à notre esprit moderne, et nous ne pouvons nous imaginer que ceux-ci aient été de quelque efficacité. La Bible, en effet, confirme ce point de vue, car nous y lisons en divers endroits que Dieu ne prend pas plaisir aux sacrifices sanglants, mais demande un esprit soumis et un coeur contrit. Il semble donc étrange que ces sacrifices aient été ordonnés. Pour le comprendre, nous devons nous rendre compte qu'une religion ne peut élever ceux qu'elle est appelée à aider si ses enseignements sont trop au-dessus de leur niveau intellectuel et moral. Pour trouver un écho chez les barbares, il faut que la religion qu'ils pratiquent en possède quelques traits. Une religion d'amour n'aurait éveillé aucun intérêt chez les peuples d'alors; c'est pourquoi il leur a été donné une loi exigeant "oeil pour oeil et dent pour dent" (EXO 21:24, LEV 24:20, DEU 19:21, MAT 5:38). Il n'est fait, dans l'Ancien Testament, aucune mention de l'immortalité, car ces gens n'auraient pu comprendre ce qu'est le ciel, ni y aspirer. Comme ils aimaient les biens matériels, il leur avait été promis que s'ils agissaient avec droiture, eux

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  et leurs descendants hériteraient à jamais de la terre, que leurs troupeaux prospéreraient, etc.

  Ils savaient que leur avoir croîtrait en proportion de leur mérite, qui attirerait à eux la faveur du Seigneur, aussi leur enseignait-on à bien faire dans l'espoir d'une récompense sur le plan terrestre. Par ailleurs, ils étaient détournés du mal par la pensée d'un prompt châtiment qui leur était mesuré selon la gravité de leurs péchés. C'était là le seul moyen de les toucher; ils ne pouvaient pas plus agir par amour du bien qu'ils ne pouvaient comprendre le principe de s'offrir "en vivant sacrifice". Ils étaient probablement aussi éprouvés par la perte d'un animal offert au sacrifice expiatoire que nous le sommes par les reproches de notre conscience lorsque nous avons mal agi.

  L'Autel était d'airain, métal qui ne se retrouve pas dans la nature, mais est fait de main d'homme, d'un alliage de cuivre et de zinc, montrant symboliquement que le péché n'avait pas été envisagé dans le plan de l'évolution et qu'il était une anomalie de la nature, aussi bien que ses conséquences, souffrance et mort, symbolisées par les victimes sacrifiées.

  Mais il faut remarquer que, bien que l'autel lui-même ait été fait d'un métal artificiel, le feu qui y br&circlait constamment était d'origine divine, et il était perpétuellement entretenu avec un soin jaloux. Il ne pouvait être fait usage d'aucun feu d'aucune nature, et nous pouvons faire notre profit de ce qui est arrivé à deux prêtres rebelles et présomptueux qui avaient poussé la témérité jusqu'à enfreindre cet ordre pour alimenter l'autel et qui en furent punis par une mort instantanée. La leçon à en tirer est qu'après avoir fait serment d'obéissance au maître mystique, le Moi supérieur, il est extrêmement dangereux de ne tenir aucun compte de ses injonctions.

  Quand l'aspirant pénètre dans le Temple par le portail de l'est, il est "pauvre, nu et aveugle". A ce moment-là, il est l'objet de compassion, il a besoin d'être vêtu et conduit vers la lumière, mais ce chemin ne peut être parcouru tout d'une traite dans le Temple mystique. Pour parvenir de l'état de nudité au revêtement de la somptueuse robe du grand-prêtre, la voie est longue et difficile. Ce que l'aspirant

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  doit en premier lieu apprendre, c'est que son avancement ne peut s'obtenir qu'au moyen de sacrifices. Dans l'initiation mystique chrétienne, le lavement des pieds des disciples par le Christ est ainsi expliqué; si les minéraux, par leur décomposition, ne s'offraient pas à l'assimilation du règne végétal, il n'y aurait pas de règne végétal possible; si celui-ci, à son tour, ne servait pas de nourriture au règne animal, ce dernier ne subsisterait pas, et ainsi de suite, le supérieur s'alimentant toujours de l'inférieur. Par conséquent, l'homme a toujours des devoirs envers les règnes inférieurs, et si le Maître lave les pieds de ses disciples, il accomplit symboliquement cet office de serviteur en reconnaissance du fait qu'ils lui ont servi de marchepied pour atteindre un degré plus élevé.

  Lorsque l'aspirant est conduit à l'Autel d'airain, il y apprend comme leçon que l'animal est sacrifié pour lui, donnant son corps comme nourriture et sa peau comme vêtement. Il voit en outre le nuage de fumée épaisse, planant au- dessus de l'Autel, et y aperçoit une lumière, mais cette lumière est trop faible, trop enveloppée de fumée pour lui servir de guide. Ses yeux spirituels sont faibles et ne pourraient encore être exposés à la lumière des grandes vérités spirituelles.

  L'apôtre Paul nous dit que le Tabernacle dans le désert est une ombre de plus grande choses à venir (Hébreux 10:1). Il est donc intéressant et profitable pour le candidat moderne venant au Temple de connaître la signification de l'Autel d'airain et de ses sacrifices d'animaux.

  Afin de comprendre ce mystère, il faut d'abord saisir l'idée importante, absolument essentielle, sur laquelle repose tout véritable mysticisme, c'est- à-dire que ces choses sont intérieures et non extérieures. Ainsi que le dit Angelus Silesius, au sujet de la Croix:

  "Le Christ serait-il né mille fois à Bethléem, S'il ne naît en toi, ton âme reste solitaire. La Croix du Golgotha tu contemples en vain, Tant qu'en toi- même elle ne s'élève point."

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  Cette idée doit être appliquée à tout symbole, à toute phase d'expérience mystique. Ce n'est pas le Christ extérieur mais le Christ intérieur qui sauve.

  Le Tabernacle dans le désert a existé; il peut être clairement vu dans la Mémoire de la Nature par ceux dont la vue spirituelle est suffisamment développée; mais nul n'est jamais aidé par le symbole extérieur. Il nous faut construire le Tabernacle en notre propre coeur, en notre propre conscience; y vivre, en une expérience intime véritable, l'entier rituel du service; devenir à la fois l'autel du sacrifice et l'holocauste, le sacrificateur et la victime. Plus tard, nous devons apprendre à nous identifier avec la Cuve mystique et à nous y purifier en esprit; passer ensuite derrière le premier voile, officier dans la Chambre-est; poursuivre notre route à travers le Temple tout entier jusqu'à ce que nous devenions nous-mêmes le plus grand de tous les symboles anciens, la Nuée du Sanctuaire; autrement tous nos efforts sont vain. En un mot, pour que le symbole du Tabernacle puisse réellement nous aider, il faut le transporter du désert de l'espace à un foyer en nos coeurs, afin que nous devenions tout ce qu'est ce symbole et ce qu'il représente spirituellement.

  Commençons donc à construire en nous-mêmes l'autel du sacrifice, afin de pouvoir y apporter nos méfaits pour les expier dans le creuset du remords. Ceci s'accomplit d'après le système moderne de préparation au degré de disciple par un exercice fait le soir et scientifiquement élaboré par les Hiérophantes de l'Ecole occidentale des Mystères. D'autres écoles ont donné un exercice du même genre, mais celui-ci en diffère sur un point particulier. Après avoir expliqué l'exercice, nous donnerons la raison de cette différence essentielle. Cette méthode spéciale a un effet d'une telle portée qu'elle rend non seulement capable d'assimiler les leçons apprises ordinairement dans le cours d'une vie, mais encore d'atteindre à un développement qui nécessiterait plusieurs existences.

  S'étant couché, on détend tous les muscles du corps. Ceci est très important, car lorsqu'une partie du corps est tendue, le sang n'y circule plus librement, il y est temporairement comprimé. Comme tout développement spirituel dépend du sang, l'effort maximum en vue de la croissance de l'âme ne peut être fait dans cette condition.

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   Illustration:
La Cuve d'Airain

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  Une fois que les muscles seront parfaitement détendus, l'aspirant révisera les incidents remarquables de la journée, mais au lieu de commencer par les incidents de la matinée et de finir par ceux de la soirée, il procédera en sens inverse: il verra d'abord les évènements de la soirée, puis ceux de l'après-midi, et enfin ceux de la matinée. La raison de ceci est que, à partir du moment de sa naissance, dès sa première inspiration, l'air qui entre dans les poumons de l'enfant apporte avec lui une image du monde extérieur; à mesure que le sang traverse le ventricule gauche du coeur, chaque scène de la vie y est enregistrée sur un certain atome. Chaque inspiration amène avec elle de nouvelles images, et chacun des évènements, chacun des actes de notre vie se trouvent gravés sur ce petit atome-germe, de notre première inspiration jusqu'à notre dernier soupir. Après la mort, ces images forment la base de notre existence au purgatoire. Sous l'influence des conditions du monde spirituel, notre conscience, pour chaque action mauvaise, souffre des angoisses d'une violence incroyable, et nous sommes ainsi détournés du chemin du mal; par ailleurs, l'intensité des joies que nous éprouvons au sujet de nos bonnes actions agit comme un aiguillon pour nous encourager sur le sentier de la vertu dans les vies à venir.

  Or, dans l'existence d'après-vie, le panorama de la vie écoulée se déroule en sens inverse, en vue de montrer d'abord les effets, puis les causes qui les ont produites, afin que l'esprit puisse apprendre comment la loi de cause à effet opère dans la vie. C'est pourquoi on enseigne à l'aspirant qui est sous la direction scientifique des Frères Aînés de l'Ordre de la Rose-Croix à faire aussi l'exercice du soir en sens inverse et à se juger chaque jour afin d'échapper aux souffrance du purgatoire après sa mort. Mais qu'il soit bien compris qu'une révision superficielle des scènes de la journée ne sert à rien. En présence d'une de ces scènes où nous avons fait un grave tort à quelqu'un, il ne suffit pas de dire: "J'en suis vraiment fâché et je voudrais bien ne pas avoir agi ainsi". A ce moment, nous sommes la victime expiatoire sur l'Autel des Holocaustes, et à moins

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  que nous ne sentions le feu du remords divinement enflammé nous br&circler jusqu'à la moelle des os pour les torts commis pendant la journée, nous n'accomplissons rien qui vaille.

  Sous le régime de l'ancienne Alliance, les victimes étaient frottées de sel avant d'être placées sur l'Autel des Holocaustes. Nous savons combien il en cuit lorsque, accidentellement, une plaie vient en contact avec du sel. Cette coutume de frotter de sel les victimes des sacrifices symbolise l'intensité de la br&circlure que nous devons éprouver lorsque nous nous plaçons sur l'Autel des Holocaustes. C'est le sentiment profond, de sincère regret pour ce que nous avons faite qui détruit l'image dans l'atome-germe et laisse celui-ci purifié, sans tache. De même que les transgresseurs qui, sous l'ancienne Alliance, étaient justifiés lorsqu'ils apportaient à l'Autel des Holocaustes un sacrifice qui y était consumé, ainsi, dans les temps actuels, nous effaçons la marque de nos péchés par l'exercice de rétrospection. Il est bien évident que nous ne pouvons, de soir en soir, accomplir ce sacrifice vivant sans en devenir meilleur et cesser peu à peu les fautes que nous devons nous reprocher lorsque nous faisons notre examen de conscience. Ainsi, cet exercice, non seulement nous purifie de nos fautes, mais encore nous élève à un degré de spiritualité supérieur à celui que nous pourrions atteindre autrement dans la vie présente, (1 COR 11:31).

  Il est bon de faire remarquer ici que lorsqu'une personne avait commis une faute grave et se réfugiait dans le sanctuaire, elle se trouvait en s&circreté à l'ombre de l'Autel des Holocaustes; là, le feu divinement allumé pouvait seul exercer un jugement. Elle échappait ainsi aux mains des hommes en se mettant dans la main de Dieu. De même, l'aspirant qui, chaque soir, reconnaît ses torts en se réfugiant vers l'autel du jugement vivant, y trouve un asile contre la loi de cause à effet, et "Quand nos péchés seraient comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme neige" (Esaïe 1:18).

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La Cuve d'Airain

  La Cuve d'airain était un grand bassin toujours rempli d'eau. La Bible nous dit qu'elle était placée sur le dos de douze boeufs, également d'airain, et dont la partie postérieure était tournée vers le centre du bassin. Mais on peut lire dans la Mémoire de la Nature que ces animaux n'étaient pas des boeufs, bien que représentant symboliquement les douze signes du zodiaque. A cette époque, l'humanité était divisée en douze groupes, un pour chaque signe zodiacal. Chaque animal symbolique attirait un rayon particulier, et tout comme l'eau bénite des Eglises catholiques est magnétisée par le prêtre pendant la consécration, ainsi l'eau de ce bassin était magnétisée par les Hiérarchies divines qui guident l'humanité.

  Il ne peut y avoir aucun doute sur le pouvoir de l'eau bénite, préparée par une forte personnalité magnétique: elle absorbe les effluves de son corps vital, et ceux qui s'en servent subissent son empire à un degré proportionné à leur sensibilité. Par conséquent, les Cuves d'airain des anciens Temples atlantéens des Mystères dont l'eau était magnétisée par les Hiérarchies divines d'un pouvoir infini, étaient un facteur puissant pour guider le peuple en accord avec les désirs de ces dirigeants. Les prêtres étaient donc parfaitement soumis aux ordres et règles établis par ces guides spirituels invisibles et, par eux, le peuple les suivait aveuglément. Il était requis des prêtres de se laver les mains et les pieds avant d'entrer dans le Tabernacle proprement dit. La transgression de ce commandement entraînait la mort immédiate du prêtre coupable. Nous pouvons donc dire que, de même que la note fondamentale de l'Autel d'airain était "justification", l'idée principale de la Cuve d'airain était "consécration".

  "Il y a beaucoup d'appelés, mais peu d'élus", (Matthieu 22:14) ainsi que le prouve l'exemple du jeune homme riche qui vient demander au Christ ce qu'il devait faire pour être parfait. Il assura qu'il observait la Loi, mais lorsque le Christ lui dit "Suis-moi", il en fut incapable, car il avait de grandes richesses qui le retenaient captif. Comme la grande majorité, il se contentait d'échapper à la condamnation et il

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  était aussi trop tiède pour acquérir quelque mérite en servant, (Matthieu 19:16-22). La Cuve d'airain est le symbole de la sanctification et de la consécration à une vie de service.

  De même que l'Esprit est descendu sur Jésus après la consécration du Baptême, ainsi l'aspirant au service de l'ancien Temple devait se sanctifier dans le courant sacré qui coulait de la Mer de fonte. Le Maçon mystique travaillant "sans bruit de marteau" à la construction d'un temple pour y servir, doit, lui aussi, se consacrer et se sanctifier, être prêt à abandonner toutes ses possessions terrestres afin de pouvoir suivre le Christ intérieur . Bien qu'il puisse conserver ses possessions matérielles, il doit les considérer comme un dépôt sacré dont il dispose à la manière d'un sage économe qui gère avec probité les richesses de son maître. Il doit être prêt à obéir en toute occasion à la voix du Christ Intérieur, quand il lui dit : "Suis-moi!", même si l'ombre de la croix se dessine obscurément au bout du chemin, car sans cet ultime abandon de la vie à la Lumière, à des fins supérieures, il ne peut y avoir de progrès spirituel. De même que l'Esprit est descendu sur Jésus quand il est sorti des eaux baptismales de la consécration, ainsi le Maçon mystique qui se baigne dans le bassin de la Mer de fonte commence à entendre confusément en son propre coeur la voix du Maître lui enseignant les secrets de son Art, afin qu'il puisse les employer au service d'autrui.

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CHAPITRE 3 - LA CHAMBRE-EST DU TEMPLE

  Ayant gravi les premiers degrés du Sentier, l'aspirant se tient en face du voile suspendu devant le Temple mystique. Il le tire de côté, et il entre dans la Chambre-est du sanctuaire, appelée le Lieu Saint . Le Tabernacle n'était pourvu d'aucune ouverture, et pourtant cette chambre n'était jamais sombre. Jour et nuit, elle était brillamment éclairée par des lampes.

  Son mobilier, qui symbolisait les moyens par lesquels l'aspirant peut se développer spirituellement par le service , consistait en trois objets principaux: L'Autel des Parfums , la Table des Pains de proposition et le Chandelier d'or d'où venait la lumière.

  Il n'était pas permis au peuple d'entrer dans ce lieu sacré et d'y contempler le mobilier. Nul autre qu'un prêtre ne pouvait passer au-delà du voile et entrer dans cette première salle.

  Le Chandelier d'or était placé du côté sud du Lieu saint, de façon à se trouver à gauche de la personne qui entrait. Il était fait d'or pur et consistait en un support s'élevant d'une base et auquel s'ajoutaient six branches. Ces branches partaient de trois points différents du support, s'élevaient en s'arrondissant, et formaient trois arcs de différents rayons,

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  symbolisant les trois périodes de développement de Saturne, du Soleil et de la Lune, par lesquelles l'homme a passé avant d'entrer dans celle de la Terre, non encore à moitié révolue à ce moment. Cette dernière période était représentée par la septième lumière. Chacune de ces sept branches se terminait par une lumière alimentée par l'huile d'olive la plus pure, obtenue par un procédé spécial. Les prêtres étaient chargés de veiller à ce que les lumières du Chandelier ne s'éteignent jamais. A cet effet, ils examinaient chaque jour les lampes, les mouchaient et y remettaient de l'huile.

  La Table des Pains de proposition était placée du côté nord de la salle, de façon à être à main droite du prêtre lorsqu'il se dirigeait vers le second voile. Douze pains faits d'une pâte sans levain étaient constamment gardés sur cette table. Ils étaient disposés en deux piles de six, et sur chaque pile se trouvait un petit tas d'encens. Ces galettes étaient appelées pains de proposition, ou pains de la Face, parce qu'ils étaient solennellement placés devant la présence de Jéhovah qui résidait dans la Nuée du Sanctuaire derrière le second voile. Chaque jour de sabbat, les pains de proposition étaient changés par les officiants. Les pains ainsi remplacés gardaient leur caractère sacré; par la suite, ils n'étaient consommés que par les prêtres et dans les limites du Parvis. En changeant les Pains de proposition, on br&circlait l'encens, au lieu des pains eux-mêmes, comme une offrande par le feu à Jéhovah.

  L'Autel des Parfums , ou Autel d'or, était le troisième objet de la Chambre- est du Temple. Il était placé au centre de la pièce, c'est à dire à mi- distance des parois nord et sud, en face du second voile. Nulle chair n'était br&circlée sur cet autel, qui n'était touché de sang qu'en des occasions tout à fait solennelles, et encore seules les cornes l'étaient-elles. La fumée qui s'en élevait n'était jamais que celle de l'encens br&circlé matin et soir, remplissant le sanctuaire d'un nuage odorant, et répandant une odeur rafraîchissante sur les parvis et la campagne avoisinante sur une étendue de plusieurs kilomètres. Parce que cet encens était br&circlé chaque jour, il était appelé encens perpétuel devant le Seigneur.

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  Ce n'était pas un simple encens, mais un composé d'oliban et d'aromates, fait selon les directives données par Jéhovah lui-même. Confectionné dans ce but spécial et considéré comme sacré, il n'était permis à personne d'en faire de semblable pour s'en servir à un usage séculier. Le prêtre ne devait jamais offrir d'encens profane sur l'Autel d'or, mais seulement le composé sacré. L'Autel des parfums était placé directement en face du voile qui était devant le Propitiatoire, car même si celui qui officiait ne pouvait voir le Propitiatoire, à cause du voile qui le cachait, il regardait tout de même dans cette direction et dirigeait son encens de ce côté. Il était de coutume, lorsque le nuage d'encens odorant s'élevait au- dessus du Temple, que ceux qui se tenaient dans le Parvis du Sanctuaire envoient en silence leurs prières vers Dieu.

SIGNIFICATION MYSTIQUE DE LA CHAMBRE-EST ET DE SON CONTENU

Le Chandelier d'or

  Lorsque le prêtre se tenait au centre de la Chambre-est, le Chandelier à sept branches était à sa gauche , vers le sud . Ceci symbolise le fait que les sept luminaires ou planètes qui parcourent l'orbite mystique autour de l'astre central, le Soleil, se tiennent dans la ceinture étroite s'étendant de huit degrés de part et d'autre du chemin suivi par le Soleil et appelé zodiaque. "Dieu est Lumière ", et les "Sept Esprits devant le Trône" sont les ministres de Dieu, par conséquent des Messagers de Lumière pour l'humanité. Ce sont eux qui nous ont guidé sur le sentier de l'évolution. De plus, tout comme les cieux sont brillants de lumière lorsque, dans ses phases, la Lune arrive à son plein, à l'orient, de même la Chambre-est du Tabernacle était remplie de Lumière , indiquant visiblement la présence de Dieu et de ses sept ministres, les Anges planétaires .

  Remarquons en passant l'éclat du Chandelier d'or, à la flamme claire et sans odeur; comparons-la avec la flamme enveloppée de fumée de l'Autel des Holocaustes qui, en un certain sens, produisait de l'obscurité plutôt que de la lumière.

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  Il y a dans ce symbole de feu, une signification des plus profondes et des plus sublimes, que nous étudierons lorsque nous en viendrons à la Nuée du Sanctuaire , dont le brillant éclat planait au-dessus du Propitiatoire de la Chambre-ouest . Avant d'examiner ce sujet, nous devons comprendre tous les symboles qui se trouvent entre le Chandelier d'or et ce sublime Feu du Père qui était la gloire suprême du Saint des Saints, partie la plus sacrée du Tabernacle dans le désert.

La Table des Pains de proposition

  La Chambre-est du Temple peut être appelée la Salle du Service , car elle correspond aux trois années de ministère du Christ, et contient tout l'équipement nécessaire pour la croissance de l'âme, bien que meublée seulement de trois articles principaux, dont la Table des Pains de proposition. Sur cette table, comme nous l'avons déjà vu, il y avait deux piles de six galettes et, au-dessus de chacune, un petit tas d'encens. L'aspirant, arrivé à la porte du Temple, "pauvre, nu et aveugle", a été, depuis lors, amené à la lumière du Chandelier à sept branches; il a acquis une certaine somme de connaissances cosmiques qu'il doit utiliser au service de ses semblables ; c'est ce que symbolise la Table des Pains de proposition.

  Le grain avec lequel ces pains de proposition étaient faits avait été originairement donné par Dieu, mais il avait été semé par les hommes qui avaient auparavant labouré et hersé le sol, puis arrosé le grain qui s'était multiplié selon la nature du sol et le soin qui lui avait été donné; Il avait été moissonné, battu, moulu et cuit. Les serviteurs de Dieu d'autrefois l'avaient porté au Temple, où il avait été placé devant le Seigneur sous forme de pains destinés à montrer qu'ils avaient accompli leur tâche et rendu les services nécessaires.

  Le blé donné par Dieu figure, dans les douze pains, les occasions de progrès spirituels offertes par Dieu; elles se présentent à chacun dans les douze départements de la vie, symbolisés par les douze maisons du thème astrologique, sous la domination des douze Hiérarchies divines connues par les signes du zodiaque.

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Illustration:
Chambre-Est, Le Lieu Saint - Chambre-Ouest, Le Saint des Saints

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  Mais la tâche du Maçon mystique , véritable constructeur du Temple ,(2 Corinthiens 6:16), est de saisir ces occasions , de les cultiver et de les faire fructifier , afin qu'il en puisse recueillir le "pain de vie " qui nourrit l'âme .

  Cependant, nous n'assimilons pas entièrement notre nourriture physique; il reste une grande proportion de résidus après que la quintessence en a été absorbée par l'organisme. Ainsi, ce n'étaient pas les Pains de proposition qui étaient consumés devant le Seigneur, mais seulement les deux tas d'encens qui en représentaient l'arôme. De même, la nourriture de l'âme produite par les services rendus et recueillis quotidiennement par le fervent Maçon mystique passe, après les travaux de la journée, sous la meule de la rétrospection du soir.

  Il y a chaque mois, un temps particulièrement propice pour extraire l'encens de la croissance de l'âme, le br&circler devant le Seigneur et faire en sorte que son agréable arôme s'allie au corps de l'âme pour former la rayonnante robe nuptiale d'or: c'est au moment de la Pleine Lune . Elle est alors à l'est, et les cieux sont éblouissants de lumière, comme l'était la Chambre-est de l'ancien Temple atlantéen des Mystères où le prêtre recueillait l'aliment de l'âme symbolisé par les pains de proposition et l'encens odorant, agréable alors comme aujourd'hui à notre Père céleste.

  Que le Maçon mystique remarque bien que les pains de proposition n'étaient pas une pure imagination de rêveurs ou une simple théorie sur la nature de Dieu ou de la lumière. Ils étaient faits d'un réel labeur , d'un travail méthodique, et il importe que nous suivions le chemin du service effectif si nous voulons amasser des trésors dans le ciel. A moins de travailler effectivement, de servir l'humanité, nous n'aurons rien à offrir, point de pain à "montrer" à la fête de la Pleine Lune et, au mariage mystique du Moi supérieur au moi inférieur, nous nous trouverons sans robe nuptiale d'or, ou corps lumineux de l'âme, faute duquel l'union avec le Christ ne peut jamais s'accomplir.

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L'Autel des Parfums

  A l'Autel des parfums, ainsi que nous l'avons vu dans la description générale du Tabernacle et de son mobilier, l'encens était continuellement offert devant Jéhovah, et le prêtre qui officiait à l'autel avait les yeux tournés vers le Propitiatoire placé sur l'Arche, même s'il lui était impossible de le voir à cause du second voile interposé entre la première et la seconde chambre du Tabernacle, entre le Lieu saint et le Saint des Saints. Nous avons vu aussi, au sujet des pains de proposition, que l'encens symbolisait l'arôme du service rendu selon les occasions offertes et, de même que l'animal offert en holocauste sur l'Autel d'airain représente le mal commis pendant la journée, ainsi l'encens br&circlé sur l'Autel d'or et dont la douce odeur est agréable au Seigneur, représente le bien accompli par nous.

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CHAPITRE 4 - L'ARCHE DE L'ALLIANCE

  Il est un fait digne de remarque et chargé de sens mystique; l'arôme du service volontaire est figuré comme une douce senteur , un encens au parfum agréable , tandis que l'odeur du péché, de l'égoïsme et de la transgression de la Loi, représentée par le sacrifice obligatoire sur l'Autel du service, est nauséabonde. Il n'est pas besoin d'une vive imagination pour comprendre que le nuage de fumée qui s'élevait continuellement de la chair br&circlée des animaux offerts en sacrifice créait une odeur infecte, pour en désigner la nature répugnante, tandis que l'encens perpétuel, présenté sur l'autel devant le second voile, indiquait par opposition la beauté et la sublimation du service désintéressé, exhortant ainsi le Maçon mystique, Enfant de la Lumière , à fuir l'un et à s'attacher à l'autre.

  Comprenons bien que servir ne consiste pas à faire de grandes choses seulement. Quelques prétendus héros, médiocres, insignifiants dans la vie privée, ne se sont révélés à la hauteur des circonstances qu'à un certain jour, à une certaine heure. Les martyrs ont été mis sur le calendrier des saints parce qu'ils sont morts pour une cause; mais faire les petites choses que personne

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  ne remarque, se sacrifier humblement pour autrui , est un plus grand héroïsme et, parfois, un plus grand martyre.

  Nous avons vu que le voile placé à l'entrée de la cour extérieure et celui qui se trouvait en face de la Chambre-est du Tabernacle étaient tous deux faits de quatre couleurs; bleu, rouge, violet et blanc, mais le second voile , qui séparait la Chambre-est de la Chambre-ouest, différait des deux autres, car il était orné de figures de Chérubins. Nous ne considérerons cependant pas la signification de ce symbole avant d'en venir à l'étude de la Nouvelle Lune et de l'initiation, mais nous examinerons maintenant la seconde chambre du Tabernacle, appelée "Lieu très saint" ou "Saint des Saints.

  Dans cette seconde chambre, au-delà du second voile, nul mortel ne pouvait pénétrer, excepté le Grand-Prêtre . Encore ne lui était-il permis d'y entrer qu'une fois par an à l'occasion de la célébration de la fête du Yom Kippour, le grand jour de l'expiation et seulement après une préparation solennelle, avec l'attitude la plus révérentielle.

  Le Saint des Saints était revêtu d'un caractère d'un autre monde, et rempli d'une grandeur surnaturelle. Tout le Tabernacle était le sanctuaire de Dieu, mais en ce lieu se reflétait la majesté imposante de sa présence, de la Nuée du Sanctuaire , devant laquelle un mortel, f&circt-il grand-prêtre, pouvait bien trembler de se présenter. Dans la partie la plus occidentale de cette chambre, à l'extrémité du Tabernacle, reposait l'Arche de l'Alliance . C'était un coffre contenant le Vase d'or de Manne , le Rameau reverdi d'Aaron et les tables de la Loi données à Moïse.

  Tant que cette Arche d'Alliance était restée dans le Tabernacle du désert, deux barres demeuraient toujours dans les quatre anneaux servant à son transport, afin qu'elle puisse être prise et emportée immédiatement. Mais lorsque l'Arche fut finalement placée dans le temple de Salomon, les barres furent enlevées, et ceci revêt une signification symbolique importante. Au- dessus de l'Arche planaient les Chérubins; entre eux demeurait la gloire incréée de Dieu. "Là, dit-il à Moïse, je me rencontrerai avec toi, et je communiquerai

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  avec toi de dessus le Propitiatoire, du milieu des deux Chérubins qui sont sur l'Arche du Témoignage.

  La Gloire de Dieu, vue au-dessus du Propitiatoire, avait l'apparence d'un nuage. Le Seigneur dit à Moïse: "Parle à ton frère Aaron, afin qu'il n'entre pas en tout temps dans le Lieu très saint, au-delà du voile, devant le Propitiatoire qui est sur l'Arche, de peut qu'il ne meure, car je me montrerai dans la nuée du Propitiatoire". Cette manifestation de la Présence divine était appelée chez les Juifs la Gloire de la Shekhinah . Elle était, sans nul doute, accompagnée d'une prodigieuse gloire spirituelle dont il est impossible de se faire une juste idée. De cette nuée sortait la voix de Dieu lorsque, avec une grande solennité, il était consulté dans l'intérêt du peuple.

  L'aspirant qui a acquis les qualités requises pour entrer dans la Chambre- ouest, derrière le second voile, trouve que tout y est sombre à l'oeil physique et qu'il est nécessaire d'avoir une lumière intérieure . Lors de son arrivée au portail-est du parvis, il était pauvre, nu et aveugle , demandant la Lumière . On lui montrait alors la faible lumière qui se trouvait au milieu de la fumée qui s'élevait de l'Autel des holocaustes, et on lui disait qu'afin d'avancer il devait allumer en lui-même la flamme du remord pour ses mauvaises actions. Plus tard, on lui indiquait la lumière plus brillante de la Chambre- est du Tabernacle qui provenait du Chandelier à sept branches, c'est-à-dire qu'on lui donnait les lumières du savoir et de la raison pour l'aider à avancer sur le Sentier. Mais il devait, en servant , développer en lui et autour de lui, une autre lumière, la "robe nuptiale d'or", qui est la lumière christique du corps de l'âme . Par des vies successives de service, cette glorieuse substance de l'âme se répand dans son aura tout entière, jusqu'à briller d'une lumière d'or. Ce n'est qu'après avoir atteint cette illumination intérieure qu'il peut entrer dans la sombre enceinte du second Tabernacle, nom parfois donné au Saint des Saints.

  "Dieu est Lumière : si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion." Ces mots sont généralement interprétés pour indiquer la communion des saints;

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  mais ils s'appliquent, en fait, également à notre communion avec Dieu. Lorsque le disciple entre dans le second Tabernacle , la Lumière, en lui , vibre à l'unisson de la Lumière de la Nuée du Sanctuaire , entre les Chérubins et ainsi s'accomplit la communion avec la Lumière du Père , (1 Jean 1:5-7).

  De même que les Chérubins et la Lumière du Père qui planent au-dessus de l'Arche représentent les divines Hiérarchies, guides tutélaires de l'humanité pendant son pèlerinage dans le désert, ainsi l'Arche elle-même représente l'homme dans son développement le plus avancé .

  Il y avait, avons-nous dit, trois objets dans l'Arche: le Vase d'or de Manne, le Rameau reverdi d'Aaron et les Tables de la Loi. Lorsque l'aspirant se tenait au portail d'entrée du parvis, comme enfant du péché, la Loi était à l'extérieur, agissant en contremaître sévère pour l'amener au Christ. Avec une rigueur inflexible, elle exigeait oeil pour oeil et dent pour dent. Toute transgression de la Loi amenait son juste salaire et l'homme était limité par des règles qui commandaient de faire certaines choses et de s'abstenir d'autres. Mais lorsqu'à force de sacrifice et de service , il est enfin arrivé au degré d'évolution représenté par l'Arche de la Chambre-ouest du Tabernacle, les Tables de la Loi sont en lui ,( Hébreux 8:10). Il s'est alors émancipé de toute influence extérieure sur ses actions, non pas en enfreignant la Loi, mais en coopérant avec elle. De même que nous avons appris à respecter la propriété d'autrui, ce qui nous a affranchis du commandement "Tu ne déroberas point", de même celui qui observe toutes les lois, par sa propre volonté, n'a plus besoin d'un maître sévère, car il obéit avec joie, étant devenu le serviteur de la Loi et travaillant avec elle , par choix et non par nécessité .

Le vase d'or de Manne

  Manas, mensch ou man (homme) est associé avec la manne descendue du ciel. C'est l'esprit humain émané de notre Père Céleste pour accomplir son pèlerinage dans la matière, et le Vase d'or dans lequel elle était contenue symbolise l'aura d'or du corps de l'âme.

  Bien que la Bible ne soit pas strictement en accord avec les évènements, elle nous renseigne sur la manne

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  mystique descendue du ciel et en relate les faits principaux. Si nous voulons savoir de quelle nature était ce "pain", nous pouvons nous reporter au sixième chapitre de l'Evangile de Jean, qui relate comment le Christ nourrit la multitude de pain et de poissons . Ceux-ci symbolisent la doctrine mystique des deux mille années qu'il inaugurait, car pendant le passage du point vernal du Soleil dans le signe des Poissons, on a enseigné aux fidèles à s'abstenir une fois par semaine, le vendredi, ainsi qu'à certaines époques de l'année, des "pots de viande" de l'Egypte ou de l'ancienne Atlantide; on leur a donné l'eau des Poissons à la porte de l'église, et les hosties du signe de la Vierge à la table de communion, devant l'autel. On leur a appris à rendre un culte à la Vierge immaculée, représentant son propre signe (opposé à celui des Poissons) et à entrer en communion avec le Soleil issu d'elle.

  Le Christ a enseigné, en un langage mystique mais clair, que ce Pain de vie , ou manne, est l'Ego. Cette explication se trouve aux versets 33 et 34 de ce sixième chapitre de Jean, où nous lisons: "Car le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde (...) Je suis (ego sum ) le pain de vie ". Ceci est donc le symbole du Vase d'or contenant la manne qui se trouvait dans l'Arche. Cette manne est l'Ego, ou esprit humain, qui donne la vie aux organismes du monde physique. Il est caché dans l'Arche de chaque être humain, et le Vase d'or, corps de l'âme ou "robe nuptiale d'or", est latent en chacun de nous. Il s'accroît et devient de plus en plus resplendissant par l'alchimie spirituelle, grâce à laquelle le service est transmué en croissance de l'âme. C'est la demeure qui n'a pas été faite de main d'homme , céleste, éternelle, de laquelle Paul désirait être ardemment être revêtu, comme il dit dans la seconde Epître aux Corinthiens 5:1-2. Tous ceux qui s'efforcent d'être secourables envers leurs frères en humanité amassent ce précieux trésor dans le ciel, que ni les vers, ni la rouille ne peuvent détruire, (Matthieu 6:20).

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La Verge d'Aaron

  Une légende ancienne raconte que lorsqu'Adam fut chassé du Jardin d'Eden, il emporta trois boutures de l'Arbre de Vie , qui furent plantées par Seth, deuxième fils d'Adam, dont la légende maçonnique dit qu'il est le père de la hiérarchie spirituelle des ecclésiastiques qui travaillent avec l'humanité dans le catholicisme, tandis que les fils de Caïn sont les artisans du monde. Ces derniers sont actifs dans la Franc-Maçonnerie et travaillent au progrès matériel et industriel, en tant que constructeurs du Temple de Salomon, autrement dit le monde. Les trois boutures plantées par Seth ont rempli d'importantes missions dans le développement spirituel de l'humanité. L'une d'elles est, dit-on, le Rameau d'Aaron.

  Au commencement de l'existence concrète, la génération était placée sous la sage direction des Anges, qui veillaient à l'accomplissement de la fonction créatrice au moment où les influx interplanétaires étaient propices, et il était défendu à l'homme de manger du fruit de l'Arbre de la Connaissance (Genèse 3:3). La nature de cet arbre est révélée par ces phrases de la Bible: "Adam connut Eve, et elle conçut Caïn (Genèse 4:1); Adam connut Eve, et elle conçut Seth (Genèse 4:25); comment concevrai-je un enfant puisque je ne connais point d'homme?" dit Marie à l'Ange Gabriel (Luc 1:34). A la lumière de cette interprétation, la déclaration (et non la malédiction) de Jéhovah qui découvre que ses préceptes n'avaient pas été suivis: "Tu mourras s&circrement", devient intelligible, car on ne pouvait permettre que des corps engendrés sans souci des influences cosmiques puissent devenir immortels. L'homme fut donc banni des régions éthériques des forces spirituelles (Eden) où croît l'arbre de la puissance de Vie et condamné à l'exil d'une existence concrète, dans un corps physique qu'il s'est créé par la génération (Genèse 3:23-24). C'était certainement là un bienfait, car qui possède un corps assez bon, assez parfait pour vouloir y vivre à jamais? La mort est donc un bien, une bénédiction, car elle nous permet de retourner par intervalles aux plans spirituels et de revenir construire de meilleurs véhicules dans des incarnations successives. Comme le dit Oliver Wendell Holmes:

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               Mon âme, bâtis-toi de plus fières maisons

               Abrite-toi sous un dôme plus altier 

               Durant que coulent les saisons!

               Jusqu'au jour où enfin libérée 

               Laisse au passé sa vo&circte basse;

               De ton écaille devenue inutile, 

               Fais un temple plus grand que celui qu'il remplace!

               Tu quitteras la mer agitée de la vie! 

 

  Au cours des âges, lorsque nous aurons appris à dominer l'orgueil de la vie et la convoitise de la chair (I Jean 2:16) la génération cessera de saper notre vitalité. L'énergie vitale sera alors employée pour la régénération et les pouvoirs spirituels, symbolisés par la Verge d'Aaron, se développeront.

  La baguette du magicien, la Lance sacrée de Parsifal, roi du Graal, et le Rameau reverdi d'Aaron sont des emblèmes de la force créatrice divine qui accomplit des oeuvres si merveilleuses qu'on les appelle des miracles. Comprenons bien cependant qu'aucune personne ayant évolué au point symbolisé par l'Arche de l'Alliance de la Chambre-ouest du Tabernacle ne se sert de ce pouvoir à des fins égoïstes. Lorsque Parsifal, héros du mythe spirituel qui porte son nom, a affronté la tentation de Kundry et s'est affranchi du plus grand des péchés, celui de luxure, il recouvre la Lance sacrée arrachée par le magicien Klingsor des mains du roi du Graal impudique et déchu, Amfortas. Après cet exploit, Parsifal voyage longtemps de par le monde, à la recherche du château du Graal. "Souvent, dit-il, j'ai été serré de près par des ennemis et tenté de me servir de la Lance pour me défendre, mais je savais que cette arme sacrée ne devait jamais être employée pour blesser, mais seulement pour guérir ."

  Et telle est l'attitude de celui qui a développé en lui le Rameau reverdi d'Aaron. Bien qu'il puisse mettre à profit la faculté spirituelle de pourvoir de pain la multitude, il ne penserait jamais à convertir une seule pierre en pain pour lui-même , afin d'apaiser sa propre faim. Cloué sur la croix, il ne penserait pas à se libérer par le pouvoir spirituel dont il a usé pour sauver tant d'autres de la mort. Injurié chaque jour, traité d'imposteur et de charlatan, il ne mésuserait

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  jamais de ce même pouvoir en montrant, par un signe indubitable, qu'il est un envoyé du ciel. Telle a été l'attitude de Jésus-Christ, telle doit être celle de celui qui, Christ en devenir, suit ses traces.

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CHAPITRE 5 - LA NUÉE DU SANCTUAIRE

  La Chambre-ouest du Tabernacle était aussi sombre que le sont les cieux lorsque la Lune, notre luminaire mineur, est avec le Soleil à l'occident, c'est-à-dire à la Nouvelle Lune, qui commence un nouveau cycle dans un autre signe du zodiaque. A l'extrémité ouest de ce sombre sanctuaire se trouvait l'Arche de l'Alliance. Au-dessus, planait la Nuée du Sanctuaire, invisible à l'oeil physique, de laquelle le Père de Lumière communiquait avec ses adorateurs, (Exode 40:38).

  Nous ne nous rendons généralement pas compte que le monde entier est en feu; que le feu est présent dans l'eau, qu'il br&circle continuellement dans la plante, l'animal et l'homme, qu'il n'y a rien au monde qui ne soit pas animé par le feu. La raison pour laquelle nous ne le percevons pas plus clairement est que nous ne pouvons, en notre esprit, séparer le feu de la flamme. Mais, en fait, le feu est à la flamme ce que l'esprit est au corps . Il est le pouvoir invisible, mais tout-puissant, de la Manifestation. Le véritable feu est sombre, invisible à la vue physique. Il n'est revêtu d'une flamme que lorsqu'il consume la matière . Considérons, par exemple, que le feu jaillit du silex lorsque celui-ci est frappé; que le centre d'une flamme de gaz est sombre à l'intérieur de la partie lumineuse; qu'un fil électrique peut être

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  chargé d'électricité et être complètement froid, cependant que, dans les conditions voulues, il émettra une flamme.

  Il est bon de remarquer ici la distinction entre le Tabernacle dans le désert, le Temple de Salomon et le Temple plus récent d'Hérode, car il y a entre eux une différence capitale. Le feu miraculeusement allumé sur l'Autel d'airain à l'est du Tabernacle et la Nuée du Sanctuaire invisible, à l'extrême ouest du Tabernacle, étaient tous les deux présents dans le Temple de Salomon. A un certain point de vue, le Temple d'Hérode n'égalait pas les deux premiers sanctuaires, mais, d'autre part il est le plus glorieux des trois parce qu'il a été honoré de la présence corporelle de notre Seigneur Jésus-Christ, en qui habitait la divinité .

  Le Christ a été le premier à s'offrir en sacrifice, abrogeant par là l'immolation d'animaux. A l'achèvement de son oeuvre dans le monde visible, il a déchiré le voile du Temple et ouvert le chemin du Saint des Saints, non pas à quelques favorisés, prêtres et Lévites seulement, mais à quiconque veut servir la divinité que nous appelons notre Père. Ayant satisfait à la Loi et aux prophètes, le Christ a aboli le sanctuaire extérieur . Depuis sa venue, c'est dans notre coeur qu'il nous faut élever l'Autel des Holocaustes où nous devons expier le mal commis par nous; c'est dans notre coeur qu'il faut allumer le Chandelier d'or qui doit éclairer notre chemin, tandis que le Christ intérieur , la Nuée du Sanctuaire, doit habiter à l'intérieur de nous, dans la retraite sacrée de notre conscience divine.

L'Ombre de la Croix

  Dans son Epître aux Hébreux, Paul décrit le Tabernacle et on trouve là nombre de renseignements sur les coutumes qui prévalaient alors et que l'étudiant gagnera à connaître (Hébreux 9:1 et suivants). Entre autres choses, remarquons qu'il appelle le Tabernacle "l'ombre de grandes choses à venir" ((Hébreux 10:1). Il y a dans l'ancien Temple des Mystères une promesse qui n'a pas encore été remplie, une promesse aussi valable aujourd'hui que le jour où elle fut faite. Si nous nous représentons en esprit l'arrangement des objets

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  contenus dans le Tabernacle, nous y verrons facilement l'ombre de la croix. En commençant par le portail situé à l'est, nous voyons l'Autel des Holocaustes , puis, un peu plus loin, le long du chemin vers le Tabernacle, le Bassin de Consécration , ou Mer de fonte, dans lequel les prêtres faisaient des ablutions; ensuite, dans la Chambre-est du Temple, le Chandelier d'or à l'extrême gauche , et la Table des Pains de proposition à l'extrême droite , les deux formant une croix avec le chemin conduisant au Tabernacle. Au centre, en face du second voile, l'Autel des parfums forme le centre de la croix, tandis que l'Arche, placée dans la partie la plus occidentale de la Chambre- ouest, en représente la partie supérieure.

  Ainsi, le symbole du développement spirituel, qui est notre idéal actuel, était figuré dans l'ancien Temple des Mystères. L'accomplissement que l'on atteint à l'extrémité de la croix, l'achèvement que l'on réalise quand la loi est inscrite en nous , comme elle l'était dans l'Arche même, est ce qui doit nous importer à l'heure actuelle.

  La lumière qui brille au-dessus du Propitiatoire, dans le Saint des Saints, au sommet de la croix, est une réflexion du monde invisible dans lequel le candidat cherche à entrer lorsque tout est devenu obscur autour de lui. Lorsque nous avons atteint le degré où nous percevons la lumière spirituelle qui plane au-dessus de l'Arche et qui nous appelle, que nous nous tenons dans l'ombre de la croix, alors seulement nous connaissons vraiment le sens, l'objet et le but de la vie.

  A présent, nous pouvons saisir les occasions qui nous sont offertes et servir plus ou moins efficacement, mais ce n'est que lorsque nous avons, en servant, développé en nous la lumière spirituelle, qui est le corps de l'âme et que nous avons gagné l'accès à la Chambre-ouest, appelée la Salle de la Libération, que nous pouvons réellement percevoir la raison pour laquelle nous sommes en ce monde et comprendre ce dont nous avons besoin pour nous rendre véritablement utiles. Cependant, nous ne pouvons demeurer dans le Saint des Saints, car le Grand-Prêtre n'était autorisé qu'une fois par an à entrer dans le Sanctuaire. Il y avait un long

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  espace de temps entre ces brefs aperçus du véritable but de l'existence. Entre-temps, il devait aller remplir ses fonctions parmi ses frères en humanité et les servir de son mieux; pécher aussi, car il était encore imparfait, et enfin, entrer de nouveau dans le Saint des Saints après avoir fait amende honorable pour ses fautes.

  Il en est de même pour nous aujourd'hui. Il nous est parfois donné d'apercevoir quelques lueurs de ce qui nous est réservé et de ce que nous devons accomplir pour arriver là où le Christ est allé. Vous vous rappelez qu'il a dit à ses disciples: "Vous ne pouvez me suivre maintenant, mais vous me suivrez plus tard" (Jean 13:36). Nous aussi, nous devons, bien des fois, jeter un regard dans le Temple obscur, le Saint des Saints, avant d'être qualifiés pour y rester, avant d'être vraiment en état de faire le dernier pas et de franchir l'espace qui nous sépare du sommet de la croix, la place du crâne , (Jean 19:17), point de la tête où l'esprit abandonne le corps à la mort, ou le quitte à volonté comme aide invisible. Ce "Calvaire" est le suprême accomplissement humain, et nous devons nous préparer à entrer, à bien des reprises, dans la chambre obscure avant d'y atteindre.

Le Rôle de la Pleine Lune dans la croissance de l'âme

  Considérons maintenant le Sentier de l'initiation, tel qu'il était symbolisé dans les Temples anciens avec l'Arche, le Feu et la Nuée du Sanctuaire, ainsi que dans les Temples plus récents. Remarquons d'abord que lorsque l'homme fut chassé du Jardin d'Eden, parce qu'il avait mangé de l'Arbre de la Connaissance, des Chérubins en gardaient l'entrée avec une épée flamboyante. Des passages tels que les suivants: "Adam connut Eve, et elle conçut Abel (Genèse 4:1); Adam connut Eve, et elle conçut Seth (Genèse 4:25); Elkana connut Anne, et elle conçut Samuel" (2 Samuel 1:19), ainsi que la question de Marie à l'Ange Gabriel: "Comment concevrais-je, puisque je ne connais point d'homme?" (Luc 1:34) montrent clairement que les termes "Manger de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal" voulaient dire abandon à la passion dans l'acte de reproduction. Cet acte, accompli sous l'influence de rayons planétaires défavorables,

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Illustration:
Le Tabernacle dans le désert - "L'ombre des grandes choses à venir".

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  était une transgression des lois de la nature, qui amena dans le monde douleur et mort, nous éloignant de nos premiers gardiens et nous forçant à errer de longs siècles dans le désert du monde.

  A la porte du Temple mystique de Salomon, nous trouvons des Chérubins, mais au lieu d'une épée flamboyante, ils tiennent une fleur , symbole plein de sens mystique. Comparons l'homme à la fleur, afin de comprendre la grande importance de la signification de cet emblème. L'homme prend sa nourriture par la tête, d'où elle descend dans les parties inférieures du corps. La plante prend la sienne par les racines, d'où elle monte dans les parties supérieures. Chez l'homme, l'amour est passionnel, et les organes reproducteurs sont tournés vers la terre . Il les cache par honte, parce qu'ils sont entachés de passion. La plante ne connaît pas la passion; chez elle, la fertilisation est accomplie de la manière la plus pure, la plus chaste imaginable, aussi tourne-t-elle vers le soleil son organe de reproduction, la fleur, dont la beauté ravit tous ceux qui la contemplent. L'homme passionné et déchu exhale l'acide carbonique mortel ; la chaste fleur inhale ce poison, le transmue et en fait un élixir de vie, pur doux et parfumé.

  Tel était le système du Graal, la signification emblématique de la coupe de Communion ou calice, dont les deux appellations, "Kelch" en allemand et "calix" en latin, désignent aussi le réceptacle de la semence. La Coupe de Communion, ce calice, avec son sang mystique purifié de la passion inhérente à la génération, apporte la vie éternelle à celui qui en boit réellement. Cette coupe devient aussi le moyen de la régénération, de la naissance mystique à une sphère plus élevée, "pays étranger" où celui qui a terminé son apprentissage dans la construction du Temple et est arrivé à la maîtrise des "arts et métiers" de ce monde peut passer à des études plus élevées.

  Le symbole des Chérubins à la fleur ouverte, placé sur la porte du Temple de Salomon, apprend à l'aspirant que la pureté est la seule clé avec laquelle il puisse ouvrir la porte conduisant à Dieu.. Comme l'a exprimé le Christ: "Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu" (Matthieu 5:8).

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  La chair doit être consumée sur l'Autel du sacrifice de soi, et l'âme lavée dans la cuve de la consécration à une vie plus élevée avant que l'aspirant puisse s'approcher de la porte du Temple. Lorsque nu, pauvre et aveuglé par les larmes de la contrition, il marche à tâtons dans l'obscurité, cherchant la porte du Temple, il trouve l'entrée de la Salle du Service, la Chambre-est du Tabernacle, qui est illuminée par les lumières du Chandelier à sept branches, emblème de la luminosité de la Pleine Lune, phase de sept jours de notre satellite. Dans cette Salle du Service, on enseigne à l'aspirant à tisser, avec l'arôme des Pains de proposition, le lumineux vêtement de flamme que Paul appelle "sôma psuchikon ", ou corps de l'âme (I Corinthiens 15:44).

  Ce terme de corps de l'âme n'est pas une métaphore; c'est un véhicule qui ne doit pas être confondu avec l'âme qui le pénètre tout entier. L'aide invisible qui s'en sert dans ses envolées sait qu'il est aussi réel et tangible que notre corps de chair et de sang. Mais dans cette "robe nuptiale d'or", il y a quelque chose d'intangible , perçu par l'esprit d'introspection; ineffable et indescriptible, il échappe aux efforts les plus persistants pour le saisir, et pourtant il est aussi réel que le véhicule qui le contient, et plus encore. Ni la vie, ni l'amour, ni la beauté, ni la sagesse, ni aucun concept humain ne peuvent donner une idée de ce qu'il est, car il est la somme de toutes les facultés, de tous les attributs et de tous les concepts humains du bien, immensément intensifiés. Si tout le reste nous était enlevé, la réalité première nous resterait, et nous serions riches de sa possession, car elle nous fait sentir cette puissante attraction vers notre Père Céleste, cette impulsion vitale intime que connaissent si bien tous les aspirants.

  Le Christ faisait allusion à ce trésor intime lorsqu'il disait: "Nul ne peut venir à moi si mon Père ne l'attire" (Jean 6:44). De même que le véritable feu est caché dans la flamme qui l'entoure, ainsi ce trésor ineffable, intangible, se cache dans le corps de l'âme, br&circle l'encens extrait des pains de proposition et allume ainsi le feu qui rend le corps de l'âme lumineux, tandis que l'arôme du service aimant rendu à autrui pénètre le

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  voile et s'élève comme une agréable odeur jusqu'à Dieu qui demeure dans la Nuée du Sanctuaire, au-dessus de l'Arche, dans le sanctuaire le plus intime, le Saint des Saints.

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CHAPITRE 6 - LA NOUVELLE LUNE ET L'INITIATION

  Lorsque l'aspirant à la recherche de la Lumière entrait dans le parvis du Temple par le portail de l'est, il se trouvait en présence du feu de l'Autel des Holocaustes, qui donnait une faible lumière entourée de fumée. Il était alors dans l'obscure condition spirituelle d'un homme ordinaire; la lumière intérieure lui manquait, et c'est pourquoi il était nécessaire de lui donner une lumière extérieure . Mais lorsqu'il arrivait à la Chambre-ouest, il devait avoir, en servant l'humanité, développé un lumineux corps de l'âme, "la Lumière qui éclaire tout homme" (Jean 1:9), à défaut de quoi il ne pouvait y entrer.

  Ce qui se passe secrètement dans le Temple se montre ouvertement dans les cieux. De même que la Lune croît en luminosité pendant son passage de la Nouvelle à la Pleine Lune, ainsi l'homme qui suit le chemin de la sainteté, en saisissant les occasions d'or de la Chambre-est, par une vie de service désintéressé, amasse les matériaux nécessaires à la confection de la "robe nuptiale d'or". Le meilleur moment pour les assimiler est la nuit de la Pleine Lune. D'autre part, de même que la Lune décroît en lumière en se rapprochant du Soleil afin

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  de commencer un autre cycle à la Nouvelle Lune, ainsi, selon la loi d'analogie, ceux qui ont amassé des trésors dans le ciel par une vie de vertu se trouvent, à une certaine époque du mois, plus rapprochés de leur source et de leur Créateur, leur Père, feu des sphères supérieures.

  Les grands Sauveurs de l'humanité naissent au solstice d'hiver, pendant la nuit la plus longue et la plus sombre de l'année. De même, l'initiation, qui fait naître aux mondes spirituels les aides invisibles , sauveurs "inférieurs", s'accomplit plus facilement pendant la nuit la plus sombre du mois, c'est- à-dire celle de la Nouvelle Lune, alors que l'astre des nuits est à la partie la plus occidentale des cieux.

  Tout développement occulte commence par le corps vital, dont la caractéristique est "répétition". Celle-ci est nécessaire en toutes choses pour arriver à la perfection. Afin de mieux comprendre la conclusion de tout ce qui précède, considérons maintenant sous un angle nouveau les trois sortes de feu du Temple.

  Près du portail oriental du parvis se trouvait l'Autel des Holocaustes, d'où montait continuellement une colonne de fumée provenant des offrandes consumées, et pouvant être vue de tous les côtés par la multitude ignorant les mystères de la vie. La flamme, une lumière enfermées par ce nuage de fumée, était, tout au plus, faiblement perçue. Ceci montrait que la plus grande partie de l'humanité s'instruit principalement par les lois immuables de la nature, qui exigent d'elle un sacrifice, le plus souvent à son insu. De même que la flamme de purification était alors entretenue par des corps grossiers d'animaux dont le sacrifice était exigé par les lois de Moïse, ainsi de nos jours la masse ordinaire et passionnée de l'humanité est mieux réduite à la soumission par la crainte du châtiment des lois de ce monde que par l'appréhension des tourments du monde à venir.

  Une lumière de nature différente brillait dans la Chambre-est du Tabernacle. Au lieu d'être entretenue par la chair des animaux sacrifiés, elle était alimentée par l'huile d'olive provenant du chaste règne végétal. La flamme n'était pas enveloppée de fumée; elle était claire et brillante, de façon à illuminer la chambre et à

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Illustration:
Initiation Mystique Chrétienne - Le Sentier du coeur, l'amour facteur principal

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  éclairer les prêtres officiant dans le Temple. Ceux-ci, qui s'efforçaient de travailler en harmonie avec le plan divin, voyaient plus clairement la lumière que la multitude ignorante et insouciante. Aujourd'hui encore, la lumière mystique brille pour tous ceux qui s'appliquent à servir réellement dans le sanctuaire du sacrifice de soi, particulièrement pour ceux qui ont donné leur foi à une Ecole des Mystères, tel que l'Ordre de la Rose- Croix. Ils marchent dans une lumière invisible aux yeux de la multitude et. s'ils servent loyalement, ils ont pour guides les Frères Aînés de l'humanité, toujours prêts à aider le long du Sentier, aux endroits difficiles.

  Mais le feu le plus sacré de tous, c'était la Nuée du Sanctuaire, dans la Chambre-ouest du Tabernacle, au-dessus du Propitiatoire. Comme cette chambre était sombre, nous comprenons que c'était là un feu invisible, lumière d'un autre monde.

  Remarquons maintenant que le feu enveloppé de fumée qui br&circlait sur l'^Autel des Holocaustes et consumait les sacrifices apportés en expiation des péchés commis sous la Loi, était le symbole de Jéhovah le Législateur . Or, nous nous rappelons que la Loi avait été donnée pour nous conduire au Christ. La claire et belle lumière qui brillait dans la Salle du Service, Chambre-est du Tabernacle, est la lumière dorée du Christ qui guide ceux qui s'efforcent de suivre ses pas sur le Sentier du service désintéressé.

  De même que le Christ, sur le point d'être crucifié, disait: "Je vais vers mon Père" (Jean 14:12), ainsi le Serviteur de la Croix qui a profité de son mieux des occasions de service qui lui ont été offertes dans le monde visible, est admis à entrer dans la gloire de son Père, la Nuée invisible du Sanctuaire. Il cesse alors de voir comme dans un miroir, d'une façon obscure, par les yeux du corps, mais contemple son Père face à face dans les domaines invisibles de la nature.

  La flèche de l'église est très large à sa base, mais graduellement elle se rétrécit jusqu'à n'être plus qu'un point que domine la croix. Il en est ainsi du Sentier de la sainteté; au début, nous pouvons nous permettre

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  beaucoup de choses, mais à mesure que nous avançons, ces libertés doivent être supprimées les unes après les autres, et nous devons nous consacrer de plus en plus exclusivement au service de la sainteté. Enfin vient un point où ce sentier devient aussi étroit que la lame d'un rasoir, et il ne nous reste plus qu'à nous accrocher à la croix. Mais lorsque nous avons atteint ce point, que nous avons gravi le plus étroit de tous les sentiers, nous sommes dignes de suivre le Christ dans l'au-delà et de servir là-haut comme nous avons servi ici-bas. Cet ancien symbole figurait donc les épreuves et le triomphe du serviteur fidèle et, bien qu'il ait été remplacé par d'autres symboles sublimes, représentant un idéal plus élevé et de plus grandes promesses, les principes fondamentaux qu'il renferme sont aujourd'hui aussi valables que jamais.

  Dans l'Autel des Holocaustes, nous voyons clairement la nature répugnante du péché, et la nécessité d'une expiation et d'une justification .

  La Mer de fonte nous enseigne que nous devons vivre une vie pure de sainteté et de consécration .

  La Chambre-est nous apprend à faire un usage diligent des occasions qui nous sont offertes, afin de cultiver le grain d'or du service désintéressé et d'en faire ce "pain de vie " qui nourrit l'âme, le Christ intérieur.

  Lorsque nous avons gravi les degrés de la Justification, de la Consécration et du Sacrifice de soi, nous parvenons à la Chambre-ouest, qui est le seuil de la Libération. De là, nous sommes conduits sur des plans plus élevés, où une plus grande croissance de l'âme peut être réalisée.

  Bien que cet ancien Temple n'existe plus, comme en un passé lointain, dans les plaines où des multitudes nomades plantaient leurs tentes, néanmoins il peut être, pour tout aspirant d'aujourd'hui, pourvu qu'il le construise suivant le modèle, un facteur plus efficace de croissance de l'âme qu'il ne l'était pour les anciens enfants d'Israël. Et que le manque d'or pour le construire n'inquiète personne, car le véritable Tabernacle doit être édifié dans le ciel, et "le ciel est en vous". Pour construire bien et fidèlement selon l'art ancien de la

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  Franc-Maçonnerie mystique, l'aspirant doit d'abord apprendre à édifier en lui-même l'Autel avec ses sacrifices, puis veiller et prier patiemment que le feu divin consume l'offrande; se baigner de larmes de contrition jusqu'à ce qu'il ait lavé toute souillure du péché. Dans l'intervalle, il doit garder allumée et remplie la lampe de la direction divine, afin de voir comment, quand et où servir; il doit travailler diligemment pour avoir une abondance de "pains à montrer ", tandis que l'encens de l'aspiration et la prière monte à jamais de son coeur à ses lèvres. Alors Yom Kippour , le grand jour de la Rédemption, le trouvera prêt à aller vers son Père pour apprendre à mieux aider ses plus jeunes frères à gravir le Sentier.

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